
Commerce avec le Brésil : guide pratique des paiements CHF/BRL
Les entreprises suisses qui commercent avec le Brésil doivent choisir leur devise de facturation, leur circuit de paiement et le moment auquel effectuer la conversion. Ces choix influencent le montant final payé ou encaissé ainsi que l’exposition au risque de change.
Guide pratique
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Le Brésil est le principal partenaire commercial de la Suisse en Amérique du Sud. Pour les entreprises qui y commercent, le règlement des factures transfrontalières soulève plusieurs questions. Faut-il utiliser le réal brésilien (BRL), le dollar américain ou le franc suisse ? À quel moment et où effectuer la conversion ? Les fonds doivent-ils emprunter un circuit local ou international ? Ces choix déterminent qui supporte le risque de change et dans quelle mesure le coût ou le montant encaissé en CHF peut être anticipé avec justesse.
Pourquoi les échanges avec le Brésil nécessitent-ils des choix spécifiques en matière de paiement ?
Le Brésil est le principal marché d’exportation de la Suisse en Amérique latine. En 2024, la Suisse y a exporté pour environ 3,13 milliards de CHF de marchandises, principalement des produits pharmaceutiques et chimiques, des machines et des instruments de précision, selon le Département fédéral des affaires étrangères. Les importations, essentiellement composées de métaux précieux et de produits agricoles, ont pour leur part atteint près de 1,64 milliard de CHF.
Les liens économiques vont bien au-delà des échanges commerciaux. À la fin de 2024, les investissements suisses au Brésil totalisaient 15,4 milliards de CHF, ce qui plaçait la Suisse au troisième rang des investisseurs dans le pays. Les entreprises suisses y employaient par ailleurs 93 508 personnes.
L’accord de libre-échange entre l’AELE et le Mercosur a été signé en septembre 2025. Il n’est pas encore en vigueur : le Secrétariat d’État à l’économie indique que le Parlement l’examinera au cours des sessions d’été et d’automne 2026.
Source : Département fédéral des affaires étrangères, Relations bilatérales Suisse–Brésil, mise à jour du 1er février 2026
Le réal brésilien est sensible aux fluctuations du dollar américain
Une grande partie des matières premières exportées par le Brésil est libellée en dollars. Le taux directeur brésilien s’élevait à 14,00 % début août 2026, tandis que la fourchette cible du taux des fonds fédéraux américains était de 3,50 à 3,75 %. Cet écart de taux peut influencer les flux de capitaux et le BRL, au même titre que les cours des matières premières, les anticipations budgétaires et la perception du risque sur les marchés mondiaux. Un affaiblissement du dollar peut soutenir le réal, tandis qu’un renforcement peut peser sur la devise brésilienne. Cette corrélation n’est toutefois pas systématique.
La devise de facturation détermine qui assume l’exposition au risque de change
Pour un importateur suisse dont la trésorerie est principalement en francs, une facture libellée en BRL crée une exposition directe au risque de change CHF/BRL : si le réal s’apprécie avant le règlement, le coût de la facture en CHF augmente. Avec une facturation en USD, l’importateur est directement exposé au risque de change CHF/USD, même si le fournisseur peut intégrer à son prix ses propres coûts de conversion ou la couverture du risque USD/BRL. Enfin, une facturation en CHF fait peser une plus grande part du risque de change sur la contrepartie brésilienne.
Pour un exportateur suisse, la logique s’inverse. Une facturation en CHF ou en USD transfère une plus grande part du risque de change au client brésilien. Une facturation en BRL simplifie le paiement local du client, mais laisse l’entreprise suisse exposée jusqu’à l’utilisation ou à la conversion des BRL.
Il convient donc d’évaluer ensemble le prix commercial, la devise de règlement et le circuit de paiement.
Comment une entreprise suisse peut-elle payer un fournisseur brésilien ?
Option 1 – Un paiement en USD peut nécessiter deux conversions
Circuit possible :
L’acheteur suisse maîtrise la conversion CHF/USD, mais dispose parfois de moins de visibilité sur le taux et les frais appliqués si les fonds sont de nouveau convertis au Brésil. Il peut donc ne pas savoir précisément à l’avance combien de BRL seront finalement crédités sur le compte du fournisseur. La Banque centrale du Brésil explique que les ordres de paiement peuvent arriver en devise étrangère ou en BRL, mais que les résidents reçoivent les fonds en monnaie locale. Lorsque la conversion est effectuée au Brésil, le taux est négocié avec un établissement autorisé à opérer sur le marché des changes.
Option 2 – Un paiement direct en BRL suit un autre circuit
Circuit possible :
Les services de change de SwissFx permettent d’effectuer des paiements locaux et internationaux en BRL. Une entreprise peut convertir ses CHF en BRL, détenir le solde sur un compte multidevise et effectuer un paiement local en BRL. Le montant qui sera crédité sur le compte du fournisseur peut ainsi être connu avant l’envoi du paiement, sans dépendre d’une seconde conversion au Brésil.
Cela ne signifie pas qu’un paiement direct en BRL soit nécessairement moins coûteux qu’un paiement en USD : il reste indispensable de comparer le prix facturé, la marge de change, les frais de paiement et le montant final crédité.
Comment un exportateur suisse peut-il encaisser les paiements de clients brésiliens ?
Circuit possible :
SwissFx permet également d’encaisser des BRL par l’intermédiaire d’un circuit local. Le client effectue un paiement local et l’exportateur suisse reçoit les BRL sur son compte multidevise. L’entreprise peut convertir les fonds en CHF, les conserver en vue d’une conversion ultérieure ou, sous réserve d’éligibilité, les utiliser pour régler des fournisseurs ou des frais d’exploitation dans la même devise. Faire correspondre les encaissements et les paiements dans une même devise constitue une forme de couverture naturelle : cette méthode peut réduire le montant brut à convertir, sans toutefois éliminer une éventuelle exposition nette résiduelle ni les décalages de calendrier.
Avant l’émission de la première facture, il convient de définir l’entité qui l’émet, les coordonnées du compte local, l’éligibilité de la transaction, la référence de paiement, les justificatifs requis et le processus de rapprochement. Les décisions plus générales concernant l’encaissement et le rapatriement des fonds depuis les marchés émergents dépendent également de l’utilisation prévue des sommes reçues.
Étude de cas : quel peut être le coût final en CHF d’une facture de 2 millions de BRL ?
Prenons l’exemple d’un importateur suisse de produits alimentaires qui s’engage aujourd’hui à régler une facture de 2 millions de BRL pour une livraison de mangues dans trois mois. Le prix du fournisseur est fixé en BRL, mais son coût en CHF reste incertain. Sur la base de taux indicatifs, le calcul est le suivant :
Coût en CHF = montant de la facture en BRL ÷ nombre de BRL pour 1 CHF
Comment les fluctuations de change font varier le coût en CHF d’une facture de 2 millions de BRL ?
Scénario | Taux indicatif | Coût en CHF |
|---|---|---|
Appréciation du BRL | 1 CHF = 6,50 BRL | 307 692 CHF |
Référence | 1 CHF = 7,00 BRL | 285 714 CHF |
Dépréciation du BRL | 1 CHF = 7,50 BRL | 266 667 CHF |
Taux fournis uniquement à titre indicatif. Les chiffres n’incluent pas les marges de change, les frais de paiement, les taxes ni les autres coûts de transaction. Ils ne constituent ni des prévisions ni des cotations.
Si le taux de change passe de 7,00 à 6,50 BRL pour 1 CHF, le coût de la facture augmente de 21 978 CHF, alors même que le fournisseur n’en a pas modifié le montant. Tant que la conversion n’a pas été effectuée, son coût final en CHF reste donc incertain. Lorsque le montant et la date de paiement sont suffisamment établis, une entreprise éligible peut toutefois fixer le taux de change à l’avance au moyen d’un contrat à terme.
Comparez le coût global du paiement, et non seulement les frais de transfert
Pour comparer les différents circuits, il faut considérer leur coût économique global. Examinez le prix commercial dans la devise convenue, toutes les conversions, les taux et marges de change, les frais de transfert et les éventuelles déductions. Tenez également compte du montant final crédité en BRL ou encaissé en CHF, des délais de traitement et des modalités de rapprochement.
Cette analyse s’inscrit également dans celle du coût total à l’importation. Des frais de transfert apparemment faibles ne permettent pas de savoir si le fournisseur recevra le montant requis ni si une autre conversion intervient ailleurs dans le circuit.
Comment les entreprises peuvent-elles gérer une exposition CHF/BRL récurrente ou future ?
L’approche la plus adaptée dépend du calendrier, du degré de certitude et du sens du flux commercial sous-jacent. Une conversion au comptant peut convenir à un paiement imminent. Des conversions échelonnées permettent de répartir les dates d’exécution. Conserver un solde en BRL peut faciliter les paiements récurrents, tandis que l’utilisation d’encaissements en BRL pour couvrir des coûts dans la même devise peut réduire le montant net à convertir.
Afin de gérer une exposition connue, SwissFx propose à la fois des contrats à terme livrables et des contrats à terme non livrables (NDF) pour l’achat comme pour la vente de BRL.
Un contrat à terme livrable permet de fixer à l’avance le taux auquel les devises seront échangées à une date future. À l’échéance, les devises prévues au contrat sont effectivement livrées.
Un NDF permet de gérer les conséquences financières des fluctuations de change sans livraison des BRL sous-jacents. À l’échéance, le règlement porte uniquement sur l’écart entre le taux à terme convenu et un taux de référence. L’entreprise doit donc organiser séparément l’achat des BRL nécessaires au paiement du fournisseur.
La solution appropriée dépend donc des modalités de la transaction et de la nature du risque à gérer : aucune ne convient à toutes les expositions en BRL.
Les produits de gestion du risque sont soumis à des critères d’éligibilité
Leur disponibilité et leur pertinence dépendent de l’entreprise, de l’exposition commerciale sous-jacente, du degré de certitude de l’opération et de l’outil envisagé. Un contrat à terme améliore la prévisibilité, mais reste contraignant même si le marché évolue ensuite favorablement. Le guide de SwissFx sur la volatilité des devises explique plus en détail les éléments à prendre en compte.
Adopter la bonne approche pour vos paiements avec le Brésil
Commercer avec le Brésil ne se résume pas à choisir entre le BRL, l’USD et le CHF. La devise de facturation, les points de conversion et le circuit de paiement déterminent qui supporte le risque de change, la visibilité de chaque partie sur le montant final et, en définitive, ce que la transaction coûte ou rapporte.
En examinant l’ensemble du circuit de paiement, plutôt que le taux de change ou les frais de transfert pris isolément, l’entreprise peut déterminer où intervient chaque conversion, qui la maîtrise et quand commence et prend fin son exposition au risque de change. Elle peut alors adopter une organisation des paiements, des encaissements et de la gestion du risque adaptée au calendrier et au sens de ses flux commerciaux.
Que vous payiez des fournisseurs brésiliens ou encaissiez les règlements de clients au Brésil, SwissFx réunit sur une même plateforme la conversion de BRL, la gestion multidevise, les paiements et encaissements locaux en BRL, ainsi que des solutions de gestion du risque de change.
Important : cet article est fourni à des fins générales d’information et de pédagogie. Il ne constitue ni un conseil financier ni une recommandation d’utiliser un produit ou une stratégie particulière.
Gagnez en visibilité sur vos flux commerciaux avec le Brésil
SwissFx vous aide à structurer vos flux en BRL en fonction de vos besoins opérationnels : devises de facturation, paiements et encaissements locaux, conversions et contrats à terme. Vous alignez ainsi la gestion du risque de change sur vos échéances fournisseurs et vos encaissements.