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Accord Suisse-Chine : quel impact sur le risque de change ?

Accord commercial Suisse-Chine : quel impact sur le risque de change ?

La baisse des droits de douane pourrait intensifier les échanges entre la Suisse et la Chine. Pour les entreprises suisses, cela pourrait se traduire par des flux en renminbis plus importants ou plus fréquents.

Le point FX

Publié le :

Le 20 août 2026, la Suisse et la Chine ont annoncé avoir achevé les négociations engagées pour moderniser leur accord de libre-échange de 2014. La nouvelle version élargirait sensiblement l’accès au marché chinois en franchise de droits pour les produits suisses. Elle actualiserait aussi les règles relatives aux services, aux investissements, au commerce numérique et à la facilitation des échanges.

Pour autant, cette annonce ne modifie pas encore les droits de douane. Le texte doit d’abord être finalisé sur le plan légal, avec pour objectif une signature d’ici fin 2026. Les procédures nationales d’approbation devront ensuite être engagées dans chaque pays.

À terme, la quasi-totalité des exportations suisses vers la Chine pourrait être exemptée de droits de douane

Avec l’accord actuel, 53,6 % des exportations suisses vers la Chine bénéficient d’une franchise de droits. Cette part passerait à 77,5 % dès l’entrée en vigueur de la version révisée, puis à 99,8 % à moyen terme, au terme d’une suppression progressive des droits étalée sur cinq à dix ans.

Selon les estimations du SECO, les économies supplémentaires sur les droits de douane pourraient atteindre environ 244 millions de CHF. L’horlogerie, les machines et les produits pharmaceutiques compteraient parmi les principaux secteurs bénéficiaires. À l’issue de la suppression progressive des droits, les montres, les produits pharmaceutiques et les instruments de précision en seraient totalement exemptés. Ce serait également le cas d’environ 100 % des exportations de machines et de produits chimiques.

En 2025, les échanges bilatéraux de marchandises, hors or et autres objets de valeur, se sont élevés à 33,5 milliards de CHF : 15,2 milliards de CHF d’exportations suisses et 18,3 milliards de CHF d’importations.

Une dynamique commerciale déjà bien installée

En juillet, les exportations suisses vers la Chine ont progressé de 27,1 % par rapport à juin, contre 13,8 % pour l’ensemble des exportations suisses. Cette hausse mensuelle est antérieure à la révision de l’accord et ne peut donc pas lui être attribuée. Elle donne toutefois une idée de l’ampleur des flux commerciaux concernés.

Les négociations ont débuté en septembre 2024, avant les dernières mesures tarifaires américaines : il serait donc trompeur d’établir un lien direct entre les deux. Toutefois, au moment où les exportateurs suisses réévaluent leur accès aux différents marchés et leurs stratégies de diversification, une intensification des échanges avec la Chine pourrait se traduire par des flux en CNY/CNH plus importants ou plus fréquents.

Une révision qui ne se limite pas aux droits de douane

La version complète des textes légaux n’a pas encore été publiée et reste en cours d’examen. D’après la synthèse du SECO, la révision modifierait également les règles applicables aux investissements, aux services et aux opérations transfrontalières.

  • Durabilité et droits humains - L’accord révisé rendrait contraignants les engagements en matière d’environnement et de droits du travail, tout en renforçant le règlement des différends grâce à des groupes d’experts. Pour la première fois dans l’un de ses accords de libre-échange, la Chine a accepté que le préambule fasse référence à la Déclaration universelle des droits de l’homme.

  • Investissements - Les investisseurs suisses bénéficieraient d’un accès élargi au marché chinois. L’accord appliquerait le traitement national et le traitement de la nation la plus favorisée aux investissements réalisés dans les secteurs autres que les services, notamment l’industrie manufacturière. Il interdirait aussi les exigences de contenu local ou de transfert de technologie, prévoirait davantage de transparence ainsi que des procédures d’autorisation simplifiées.

  • Services - La Chine renforcerait ses engagements en matière d’accès au marché dans les essais et analyses techniques, les services liés à l’industrie manufacturière, les services financiers, ainsi que le transport aérien et maritime. Dans plusieurs secteurs concernés, les entreprises suisses pourraient détenir 100 % de leurs filiales. Les prestataires de services financiers établis en Chine bénéficieraient par ailleurs d’une sécurité juridique accrue pour accéder aux systèmes publics de paiement et de compensation.

  • Commerce numérique et procédures douanières - Un nouveau chapitre consacré au commerce numérique favoriserait les transactions dématérialisées et l’utilisation de documents électroniques. La mise à jour des règles d’origine supprimerait l’obligation générale de transport direct entre les deux pays et permettrait, sous certaines conditions, de transformer les marchandises dans un pays tiers.

  • Concurrence, PME et chaînes d’approvisionnement - Les nouvelles règles couvriraient également les entreprises publiques, avec davantage de transparence et de concertation. Elles étendraient aussi la coopération destinée à faciliter l’utilisation de l’accord par les PME et à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement.

De l’ouverture des négociations à la suppression complète des droits de douane

Calendrier

Étape clé

Septembre 2024

Ouverture officielle des négociations visant à optimiser l’accord.

De mars 2025 à juillet 2026

Cinq cycles de négociations entre la Suisse et la Chine.

20 août 2026

Annonce par les deux gouvernements de la conclusion des négociations.

D’ici fin 2026 (objectif)

Finalisation et signature du texte prévues.

Après la signature

Lancement des procédures nationales d’approbation. Aucune date d’entrée en vigueur n’a encore été annoncée.

À l’entrée en vigueur

77,5 % des exportations suisses vers la Chine sont exemptées de droits de douane.

Cinq à dix ans après l’entrée en vigueur

Suppression progressive des derniers droits, portant à 99,8 % la part des exportations en franchise de droits.

La baisse des droits de douane n’élimine pas le risque de change

La baisse des droits de douane peut améliorer les conditions commerciales d’une transaction, sans pour autant en fixer la valeur en francs suisses. Pour un exportateur qui facture en renminbis, un renforcement du CHF entre la fixation du prix et le règlement peut réduire la contre-valeur en CHF du montant encaissé. Si la facture est libellée en CHF, c’est au contraire le client chinois qui peut supporter la variation du taux de change. Quant au recours à l’USD comme devise intermédiaire, il ajoute un taux de change supplémentaire à gérer au lieu d’éliminer le risque.

Du côté des importateurs, la quasi-totalité des produits chinois entre déjà en Suisse en franchise de droits dans le cadre de l’accord actuel. Les principaux points à examiner restent donc la devise de facturation, le circuit de conversion et la date du paiement. Un fournisseur peut demander à être réglé en CNY, en renminbis offshore (CNH) ou en USD, trois options susceptibles d’aboutir à des coûts finaux différents en CHF.

Conseil : le guide SwissFx sur le paiement des fournisseurs en Chine détaille les critères à prendre en compte afin de comparer ces options.

Points à examiner avant l’entrée en vigueur de l’accord

L’accord n’est pas encore entré en vigueur. Les entreprises peuvent mettre ce délai à profit pour déterminer si une hausse de leurs échanges avec la Chine pourrait avoir une incidence sur le choix des devises, le délai entre la fixation du prix et le paiement, ou encore leur exposition nette après compensation des encaissements et des paiements en renminbis.

Lorsque les montants et les dates des opérations futures peuvent être anticipés avec suffisamment de précision, l’entreprise peut ensuite envisager une stratégie de gestion du risque de change adaptée.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil financier, ni un conseil en matière de gestion des risques.

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