
Comment la dédollarisation transforme les paiements internationaux
En s’éloignant du dollar américain, les entreprises doivent repenser leurs paiements, leurs coûts et leur exposition au risque de change.
Dossiers experts
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La dédollarisation désigne le recul progressif de l’utilisation du dollar américain comme devise de référence dans le commerce international. Pour les entreprises, ce phénomène se traduit souvent dans la façon dont elles règlent concrètement leurs fournisseurs.
Dans certaines régions, des entreprises demandent désormais à être payées directement dans leur devise locale, là où, par le passé, elles acceptaient le dollar américain.
On observe également cette évolution à plus grande échelle. Selon la base COFER du Fonds monétaire international (IMF Data Brief, IMF Blog), la part des réserves de change mondiales libellées en dollars américains est passée de 71 % lors du lancement de l’euro en 1999 à 56,77 % au quatrième trimestre 2025. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement de diversification progressive vers d’autres devises.
Source des données : https://data.imf.org/COFER
Le coût d’un passage systématique par l’USD
Pendant des années, de nombreuses entreprises ont utilisé le dollar américain comme devise intermédiaire.
Un flux type peut alors suivre ce schéma : CHF → USD → devise locale.
Chaque étape implique une conversion. Et chaque conversion s’accompagne d’un spread.
Lorsque cette logique devient systématique, elle peut générer des coûts difficiles à identifier de prime abord. À long terme, leur accumulation peut peser sur les marges, surtout pour les entreprises qui réalisent des paiements internationaux récurrents.
Les fournisseurs souhaitent désormais être payés en devise locale
Ce modèle a longtemps fonctionné, mais de nombreux fournisseurs privilégient désormais une autre approche. Dans plusieurs marchés, notamment en Asie et au Moyen-Orient, ils préfèrent recevoir leurs paiements dans leur devise nationale.
Plusieurs raisons à ce choix :
limiter l’incertitude liée à la valeur des paiements reçus,
éviter les coûts liés à la conversion des dollars américains dans leur devise locale.
Pour les entreprises suisses qui importent des biens ou des services, la devise de paiement devient donc un élément clé de la négociation commerciale. Elle joue également un rôle dans la qualité et la pérennité de la relation fournisseur.
La gestion du risque de change devient plus complexe
Lorsque les entreprises effectuent des règlements dans un plus grand nombre de devises, leur exposition au risque de change devient plus difficile à piloter.
Au lieu de gérer seulement le risque lié à l’USD, elles sont désormais exposées à des devises comme le yuan chinois (CNH ou CNY), le yen japonais (JPY), la roupie indienne (INR) ou le dirham des Émirats arabes unis (AED). Ces devises n’évoluent pas toutes de la même manière. Leur volatilité dépend des conditions de marché.
Cette évolution n’augmente pas ou ne réduit pas nécessairement le risque global : elle modifie surtout l'origine du risque et la manière dont il doit être géré.
La planification et les prévisions financières deviennent donc plus complexes. Les entreprises ont besoin d’outils adaptés pour suivre leur exposition, limiter le risque de change et mieux comprendre son impact sur leurs marges.
Quand l’USD recule, la structure des paiements devient stratégique
Lorsque le paiement intervient plusieurs semaines ou plusieurs mois après l’accord commercial, les taux de change peuvent avoir évolué de manière significative.
Cette question devient cruciale lorsque les paiements concernent des devises particulièrement sensibles aux conditions économiques mondiales. Selon la Banque des règlements internationaux, la volatilité des taux de change tend à être plus élevée pour les devises des marchés émergents, notamment en période d’incertitude globale.
Pour les entreprises internationales, le coût final d’une transaction peut donc différer du coût anticipé, alors même que les conditions commerciales n’ont pas changé. Ce qui peut avoir un impact direct et non négligeable sur les marges.
Dans un contexte où les entreprises s’éloignent du dollar, la capacité à payer et encaisser dans différentes devises joue un rôle décisif. Le moment de la conversion et la structure du paiement ont un impact direct sur le résultat financier de chaque transaction.
Les entreprises adaptent leurs stratégies de paiement pour protéger leurs marges
Face à ces changements, certaines entreprises repensent la manière dont elles organisent leurs paiements et gèrent leur exposition au risque de change.
Cela passe par exemple par le paiement des fournisseurs directement dans leur devise locale, la réduction des conversions inutiles, le suivi de l’exposition à plusieurs devises ou l’utilisation d’outils de couverture lorsqu’un délai existe entre l’accord sur le prix et le règlement.
L’objectif ? Mieux contrôler l’impact des mouvements de change sur les coûts et les marges de l’entreprise.
Comment un système de paiement adapté facilite les transactions multidevises
Lorsque l’USD n’est plus utilisé par défaut, la gestion des paiements prend une importance accrue. Pour plus d’efficacité, les entreprises doivent pouvoir opérer dans plusieurs devises et contrôler le moment et les conditions de leurs conversions.
C’est là qu’un système de paiement adapté peut faire la différence.
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Combinée à des outils de gestion du risque, cette approche vous aide à anticiper plus sereinement vos besoins et à mieux maîtriser l’évolution de vos coûts et de vos revenus.